Interview de Pixelophonia : concert du 26 mai 2018

À propos de l'interview

À l'occasion du concert symphonique de Pixelophonia qui mettra Ocarina of Time à l'honneur au GG Fest le 26 mai 2018, nous nous sommes entretenus avec Exelodia.


Orchestre symphonique, Pixelophonia se donne pour mission depuis plusieurs années de faire redécouvrir des thèmes emblématiques de jeux vidéos. À l’occasion de leur concert spécial Zelda du 26 mai 2018, Puissance-Zelda a pu s’entretenir avec Exelodia. De son vrai nom Robin Melchior, le directeur artistique de Pixelophonia et chef d’orchestre est revenu avec nous sur l’orchestre mais aussi sur la préparation de ce concert en nous donnant quelques exclusivités sur celui-ci.

L’interview a été réalisée par mail le 21 mai 2018 par Alice Lee.


Pour ceux qui ne vous connaissaient pas, qu’est-ce que Pixelophonia ?

Pixelophonia est un orchestre symphonique un peu barré d’une cinquantaine de musicien·ne·s jouant exclusivement de la musique de jeux vidéo, dans des arrangements exclusifs écrits par les musiciens de l’orchestre.

Vous existiez depuis octobre 2012 sous le nom initial de la SÉGA (Société des Écrituristes Gamers Arrangeurs). Outre le changement de nom pour Pixelophonia en 2016, je suppose que plusieurs choses ont évolué vis-à-vis de l’ensemble orchestral depuis ses débuts ?

Effectivement ! Tout d’abord, la SÉGA existe toujours, c’est depuis 2016 l’association en charge de la gestion de l’orchestre. Ensuite, ce qui a sans doute le plus évolué, c’est le nombre de musicien·ne·s : d’abord sept, puis douze, puis dix-sept, puis vingt-trois, puis trente-trois et maintenant environ cinquante ! Enfin, l’exigence et la qualité musicales ont, elles aussi, beaucoup grandi depuis nos débuts.

Depuis quelques années, vous multipliez les concerts pour des évènements organisés en conventions — et avez même joué à plusieurs reprises pour le festival organisé par Le Monde. Pensiez-vous rencontrer de telles opportunités lorsque vous lanciez le projet, en octobre 2012 ?

Alors là, pas du tout ! À l’origine, La SÉGA est un simple projet d’étudiants compositeurs fans de musiques de jeux qui ont eu envie de mettre leurs compétences d’arrangeurs au profit de ce répertoire pour faire vivre une chaine YouTube. Et puis les concerts sont arrivés, nous permettant de nous faire connaître petit à petit, jusqu’à nous retrouver sur la scène de l’opéra Bastille en septembre dernier ! Jamais nous n’aurions imaginé ça, c’est assez dingue quand on regarde le chemin parcouru depuis cinq ans.

Orchestre Pixelophonia en mars 2017

L'orchestre Pixelophonia en mars 2017.

Il y a quelques années, cela paraissait plutôt incongru d’associer orchestre symphonique et jeux vidéo. Aujourd’hui, avoir des concerts symphoniques proposant leurs musiques est devenu quelque chose de commun. Selon vous, qu’est-ce qui permet d’expliquer cette association entre deux univers pouvant apparaître distants ?

Des Mondes Distants, vous avez dit ? ;)

Les concerts symphoniques de musique de jeux vidéo existent depuis plus de vingt ans et sont nés au Japon, à l’initiative de Koichi Sugiyama, compositeur des BO de Dragon Quest. Le Video Games Live existe lui aussi depuis plus de dix ans, et sa notoriété a sans aucun doute irradié le monde entier, incitant d’autres acteurs à créer ce genre de concerts. En outre, depuis la PlayStation 1, les jeux vidéo possèdent souvent des BO orchestrales reprenant beaucoup de codes de la musique de film hollywoodienne des années 70 à 90. Proposer des « ciné-concerts » de musique de jeux vidéo n’est donc pas vraiment une surprise.

Alors que les éditeurs eux-mêmes organisent des concerts symphoniques des musiques emblématiques de leurs séries — on pense notamment à The Legend of Zelda: Symphony of the Goddesses pour celle qui nous intéresse ici —, qu’est-ce qui fait à vos yeux la spécificité de Pixelophonia ?

Ce qui distingue Pixelophonia des autres concerts de musiques de jeux vidéo, c’est d’abord le fait que nous soyons une bande d’amis partageant une passion commune, avant d’être un orchestre symphonique. Ensuite, il y a l’originalité et l’exclusivité de nos adaptations, que l’on ne peut trouver nulle part ailleurs, avec les différentes sensibilités des arrangeurs de l’orchestre qui s’expriment d’une pièce à l’autre, donnant une grande diversité musicale à notre répertoire. Enfin, nous considérons que ce qui qualifie le mieux un jeu vidéo, c’est l’interaction qu’il propose ; aussi avons-nous à cœur d’intégrer un maximum de morceaux participatifs lors de nos concerts.

Vous êtes une cinquantaine de personnes au sein de Pixelophonia, formation bénévole. N’est-ce pas des fois très compliqué de réussir à accorder les emplois du temps de chacun ? Cette logistique constitue-t-elle un frein pour Pixelophonia ?

Effectivement, il est très compliqué de répéter chaque semaine avec l’ensemble des effectifs, et ce malgré la grande motivation des troupes. Cela est d’autant plus gênant quand on souhaite faire un travail musical de qualité, car chaque instrument a son importance, qu’il s’agisse d’une trompette solo ou du 8e premier violon. C’est donc une sacrée logistique, mais nous nous en sortons toujours, car les membres de Pixelophonia tiennent sincèrement à ce projet et font toujours de leur mieux pour assister aux répétitions et faire les concerts.

Interview réalisée par Alice Lee, le 24 mai 2018