Majora's Mask 3D

Logo du jeu Majora's Mask 3D

Fiche d'information

Boîte de Majora's Mask 3D

Titre occidental : Majora's Mask 3D
Titre original : ムジュラの仮 3D
Éditeur : Nintendo
Développeur : Grezzo
Directeur : Mikiharu Ooiwa
Producteur : Eiji Aonuma

Joueurs : 1
PEGI : 12+

Sorti sur Nintendo 3DS
Europe 13 février 2015
Canada Etats-Unis 13 février 2015
Japon 13 février 2015

Quatre ans après le portage réussi d’Ocarina of Time sur 3DS, Nintendo répond enfin à une demande de longue date de nombreux fans de la série Zelda : un remake de Majora’s Mask. Ce jeu fascinant à l’ambiance pesante, qui n’a jamais eu la popularité de son aîné, méritait pourtant cette seconde chance auprès du grand public tant ses qualités sont réelles. C’est donc avec grand plaisir que l’on retrouve sur 3DS cet épisode atypique et qui ne laisse personne indifférent, quinze ans après sa sortie sur Nintendo 64. Si le remake d’Ocarina of Time était très réussi en termes de technique, il était cependant un peu timide du côté des nouveautés. Qu’en est-il de ce jeu ?

Tout d’abord, il est bon de signaler que l’on retrouve cette fois encore le studio Grezzo aux commandes. Le studio avait signé le remake d’Ocarina of Time et a entre-temps signé l’édition anniversaire de Four Swords. C’est donc sans surprise que l’on retrouve le moteur d’Ocarina of Time 3D en action. Dites adieu au brouillard mythique de la N64, au bonjour aux textures affinées, aux modèles 3D retravaillés et aux animations fluidifiées. Jouer à Majora’s Mask sur 3DS, c’est l’assurance de jouer au jeu dans les meilleures conditions techniques possibles. Le travail de Grezzo est cette fois encore aussi remarquable que fidèle à l’œuvre originale. On apprécie. Le framerate, bien supérieur et plus stable que dans la version originale du jeu, continue cependant de souffrir de quelques ralentissements. On conseillera donc de désactiver la 3D gyroscopique, très peu utile, afin d’aider un peu sa console.

Un petit mot sur l’ambiance musicale du titre. Si la magnifique bande originale du titre reste inchangée, elle a cependant elle-aussi eu le droit à un petit lifting : la qualité audio a été revue et la balance retravaillée, l’idée étant d’en proposer la version optimale pouvant être desservie par une 3DS.

Du côté de la prise en main, on retrouve là encore tout ce qui avait fait d’Ocarina of Time 3D une réussite : un écran principal dépouillé de sa carte qui se voit transposée sur l’écran inférieur, une visée au gyroscope assez précise pour ne pas être anecdotique, quelques raccourcis supplémentaires bienvenus. L’affichage de l’horloge, cruciale dans ce titre, a aussi été revu. En s’étirant en longueur il gagne en lisibilité et n’encombre pas particulièrement l’écran principal, une très bonne idée. Ceux n’ayant pas pratiqué le jeu original ne se doutent sans doute pas de la profusion de quêtes offertes par le jeu, c’est pourquoi on apprécie vraiment la refonte du journal des Bombers qui gagne vraiment autant en clarté qu’en praticité grâce à l’écran tactile, notamment grâce à une toute nouvelle fonction de rappel. Enfin, les possesseurs d’une new 3DS ou d’un Circle Pad Pro seront heureux d’apprendre que le second stick est mis à profit afin de gérer les caméras. Une option loin d’être indispensable, mais toujours bonne à prendre.

Du côté du contenu, pas de mode Master Quest comme cela avait pu être le cas dans Ocarina of Time, ni même de Boss Challenge. N’espérez pas non plus voir débarquer du contenu inédit, le jeu reste très fidèle à la trame originale du titre. Les adaptations sont cependant plus nombreuses que dans Ocarina of Time, rendant globalement ce remake plus accessible que l’original.

Tout d’abord, les pierres Sheikah, au fonctionnement introduit dans Ocarina of Time 3D, offrent toujours des visions présentées sous la forme de brèves séquences vidéo montrant comment passer la plupart des difficultés du jeu. Une aide optionnelle qui ne sera cependant d’aucune utilité pour apprendre aux joueurs à gérer le cycle des 72h propre à Majora’s Mask.

Pour ces joueurs-là, Grezzo a eu d’autres idées. D'abord du côté de la gestion des sauvegardes qui a été totalement revue. Avant, seul un retour au premier jour permettait au joueur d’avoir une sauvegarde permanente, les statues de hiboux ne proposant qu’une sauvegarde à usage unique. Désormais, chaque sauvegarde est permanente et de nouvelles statues offrent encore de nouveaux points de sauvegarde. Forcément, le niveau de stress permanant du titre baisse d’un cran, d’autant plus sur une console que l’on peut mettre en veille facilement, contrairement à la N64. Pour certain, cela dénaturera l’œuvre originale, pour d’autre cela la rendra plus appréciable. Une affaire de goût.

Autre changement de taille : le chant du temps accéléré, qui permettait de faire défiler le temps deux fois plus vite, offre maintenant la possibilité au joueur d’avancer jusqu’à une heure précise. Là encore, on se prend donc un peu moins au jeu de l’optimisation pour faire le plus de choses possibles lors d’un seul cycle de trois jours, mais cela va plutôt bien de pair avec la nouvelle dimension portable du titre.

Ces idées s’ajoutent à tout un tas de petites améliorations qui rendent la vie du joueur plus agréable, de la banque un peu moins excentrée, à la blasto-bulle qui n’explose plus lorsqu’elle est chargée complètement, on sent que les équipes ont pris le temps de réfléchir à tout ce qui pouvait frustrer inutilement le joueur afin d’y apporter des réponses concrètes.

Les boss ont d’ailleurs été considérablement retravaillés, voire totalement repensés. Dans certains cas, cela permet de rendre ces rencontres un peu plus marquantes, dans d’autres cela efface certains vilains défauts de caméra. Les quatre boss ont désormais en commun un point faible particulièrement visible qu’il faudra viser à chaque fois. Au bout du compte, il est assez dur de dire si ces modifications sont pour le meilleur ou pour le pire, s’il s’agit de rendre ces créatures plus faciles ou difficiles à vaincre, puisque ces phases sont maintenant très différentes de celles du jeu original. Cela a au moins le mérite de dépayser un peu.

En résumé, Majora’s Mask 3D est un remake sans doute plus audacieux que ne l’a été Ocarina of Time 3D, au risque de dénaturer un peu l’œuvre original. S’il profite du même lifting graphique très appréciable, il intègre avec lui beaucoup de petits ajustements qui rendent la vie du joueur plus facile, mais qui retire aussi une partie de la pression que ce dernier avait sur les épaules. Même si l’absence de contenu inédit est regrettable, ce remake reste cependant une réussite est sans aucun doute la meilleure façon de découvrir cette aventure atypique aujourd’hui.

Fiche rédigée par Zemo