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L'avis de Bakura (TP)

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Logo de Twilight Princess

Twilight Princess : l'apogée d'une légende ?

Avis de Bakura sur la version européenne de Twilight Princess

NB : Cet avis concerne uniquement la version Wii (européenne) du jeu.

0n dit que tout vient à point à qui sait attendre, mais quel fan de Zelda peut se targuer d'avoir su se montrer patient en ce qui concerne la sortie de Twilight Princess ? Quoi qu'il en soit, maintenant qu'il est enfin là et bien là, l'heure du verdict est venue pour l'opus qui se veut meilleur de la saga, ici dans sa version Wii. Cette énième renaissance de la Légende est-elle celle que nous attendons tous avec espoir depuis le magistral Ocarina of Time ?
Premier artwork de Link

Que de choses se sont passées depuis l'E3 2004... Nous rêvions alors de batailles à la Seigneur des Anneaux dans de vastes plaines et de donjons gigantesques devant le premier trailer du jeu. Un moment inoubliable. Une longue attente allongée par un report plus tard, Twilight Princess arrive enfin, non seulement en tant que dernier titre majeur pour la GameCube, mais aussi comme jeu de lancement pour la Wii.

C'est une ambiance paisible qui règne comme toujours dans le village natal de Link, immanquable commencement d'une aventure au cours de laquelle, ce n'est plus un secret pour personne, il sera transformé en loup. Il fallait bien qu'une bande de molblins chevauchant des sangliers vienne semer la discorde en enlevant certains habitants sous les yeux impuissants de notre héros, marquant ainsi son départ pour Hyrule... qui, comme vous l'imaginez, ne se passera pas exactement aussi bien qu'il l'aurait prévu.

Les molbins attaquent le village

Sans s'étendre plus avant dans des précisions sur l'histoire qui en feraient crier plus d'un aux spoilers, une première constatation s'impose : le scénario est passionnant pour tout habitué de la série, et reste intéressant pour les autres. Son omniprésence, en particulier au début du jeu, entraine une certaine linéarité peu coutumière à la saga ; heureusement, il se fait vite plus discret, laissant la liberté d'aller où bon nous semble et donc d'explorer le pays entre deux donjons.

Comme on pouvait s'y attendre, les références aux précédents Zelda sont nombreuses, avec des clins d'oeil principalement à A Link to the Past, Ocarina of Time et Majora's Mask, et si TP ne permet pas d'établir autant de relations avec les autres opus que The Wind Waker, l'intrigue du jeu se suffisant en quelque sorte à elle-même, le fait qu'il se déroule quelques décennies - voire siècles - après OOT sautera très vite aux yeux du fan averti, non sans nostalgie.

Une évolution en trailers

Nintendo n'a pas lésiné sur le nombre de trailers officiels distribués pour le jeu. En voici six, de la magique vidéo de présentation du jeu diffusée en mai 2004 jusqu'à la dernière bande-annonce de début décembre, à retrouver sur la page des vidéos du jeu.

Trailer de l'E3 2004 Trailer de la GDC 2005 Trailer de l'E3 2005

Trailer de l'E3 2006 Trailer novembre 2006 Trailer décembre 2006

Un Zelda plus épique que jamais

Un boss impressionnant

On retrouve ainsi beaucoup d'OOT dans TP, pas seulement sous forme de références au niveau des lieux et personnages mais aussi parce que les deux quêtes en elles-mêmes partagent ce côté épique qui les rend totalement uniques.

Là où The Wind Waker nous emmenait au pays du rêve, Twilight Princess nous ramène à l'Aventure avec un grand A, avec des scènes d'une intensité rare et des duels au sommet, que ce soit sur les plaines entourant la citadelle fortifiée d'Hyrule, à côté desquelles la pourtant vaste étendue d'OOT fait à présent pâle figure, ou au sommet d'immenses donjons, dont l'ingénieux level design porte définitivement la marque Zelda. Les lames saignent, les boucliers se brisent, que demander de plus à cette quête héroïque ?

La citadelle et les plaines l'entourant : magique

Cette question ne restera pas sans réponse : un peu de challenge. Entre les opus N64 et The Wind Waker, le niveau de difficulté avait déjà fortement baissé ; Twilight Princess n'est guère plus difficile que ce dernier. Si la progression dans les donjons en elle-même n'est pas toujours évidente, ce sont surtout les boss qui dérangent ; leur taille, leur charisme, l'intelligence de leur conception semble inversement proportionnelle à la difficulté avec laquelle l'on en vient à bout. Une fois leur point faible découvert, ce qui ne prend pas des siècles pour qui est un peu familiarisé à la série, le combat est pour ainsi dire terminé. Court, mais tellement bon !

A chair de loup, dent de chien

Midona et Link-Loup

Soir du 17 mai 2005 : Link s'est transformé en loup. Le troisième trailer officiel du jeu révélait son concept phare : notre héros deviendra animal durant certaines phases de jeu. C'était également l'occasion de découvrir un personnage inédit jouant un rôle clé dans l'histoire, la mystérieuse Midona.

A nouveau sans en dire trop, on n'apprendra rien à personne au sujet du monde parallèle à Hyrule qu'il nous est donné d'explorer au cours de l'aventure, non sans évoquer A Link to the Past : le domaine du Crépuscule. La première fois que Link s'y rend, il est changé en loup et rencontre celle qui sera ensuite son guide pendant toute l'aventure.

Rencontre avec la malicieuse Midona

Les phases de jeu dans le Crépuscule ont en fait pour but de délivrer les lieux des ombres en collectant des perles de lumière. Ce n'est peut-être pas ce que l'on attendrait d'un Zelda a priori, et ce ne sont peut-être pas les meilleurs moments du jeu également, l'ambiance oppressante faisant son effet, mais elles permettent de découvrir toutes les facultés de Link sous sa forme de loup que l'on aura le loisir d'utiliser plus tard : creuser dans le sol, atteindre des hauteurs autrement inaccessibles en sautant avec l'aide de Midona, et utiliser ses sens pour révéler certains secrets et suivre des odeurs particulières... sans oublier sa botte secrète, un puissant cercle d'ombre permettant d'éliminer plusieurs ennemis en même temps. Une compétence qui s'avèrera indispensable pour venir à bout des agents du Crépuscule, ces monstres des ténèbres qui attaquent en groupe un peu partout en Hyrule. Il sera d'ailleurs possible par la suite de se téléporter à ces endroits précis, un gain de temps considérable pour qui serait lassé, honte à lui, des chevauchées à travers les plaines.

Plutôt bien exploitées tout au long de l'aventure, ces aptitudes animales contribuent à enrichir un gameplay déjà bien solide. La présence de la malicieuse Midona apporte peut-être encore plus au jeu : on s'attache vraiment à ce personnage mystérieux qui cache une certaine sensibilité sous des airs indifférents, voire moqueurs.

Version Wii : une Revolution ?

Version Wii : une Revolution ?

TP en deux versions : voilà une nouvelle qui a fait parler d'elle. Puisque nous nous intéressons ici plus spécifiquement à la version Wii, parlons de ce qu'elle apporte... et de ce qu'elle n'apporte pas !

Disons-le tout de suite : la qualité graphique est strictement identique entre les deux versions. La réalisation du titre est celle d'un jeu GameCube certes exceptionnellement beau, mais d'un jeu GameCube tout de même ; tout le potentiel de la Wii n'est pas exploité. Le seul apport de la présente version est le support du format 16/9, un minimum.

D'aucuns trouveront ici matière à bouder leur plaisir, mais ne nous le cachons pas : Twilight Princess reste plus que joli. Les teintes chaudes du domaine du Crépuscule sont particulièrement bien choisies ; impossible de ne pas ressentir un profond malaise lorsque l'on explore les terres sous son emprise. Il faut également signaler la très grande qualité des expressions des personnages principaux : les émotions de Link sont magnifiquement retranscrites à l'écran. Comme quoi, poésie ne rime pas forcément avec cel-shading !

De superbes expressions faciales

Si le choix de la version Wii se justifie donc difficilement pour ce qui est de l'aspect graphique, il en est autrement question jouabilité. Quelques craintes étaient apparues à ce sujet sur base des premières démos techniques ; elles n'étaient pas fondées puisque la version finale propose une maniabilité impeccable ou en tout cas amplement satisfaisante à l'aide du couple Wiimote/Nunchuk, le seul point noir étant l'impossibilité de déplacer la caméra librement - rien de bien méchant, on s'y fait vite.

Tirer à l'arc, au lance-pierre ou viser avec le grappin a une toute autre saveur quand il ne s'agit plus seulement d'appuyer sur un bouton mais de pointer réellement l'écran avec la télécommande. De même, donner un coup d'épée s'effectue en fendant l'air Wiimote en main. Un mouvement qui ne sera certes pas retranscrit avec exactitude à l'écran - on est même loin du compte -, mais qui s'avère tellement amusant à accomplir qu'on en oublie vite ce petit bémol.

Viser à la Wiimote s'avère vraiment amusant

A savoir si l'immersion procurée par cette jouabilité pensée pour la Wii suffit à faire pencher la balance en faveur de cette version, il y a un pas... Il appartient à chacun de juger de sa sensibilité à ce niveau. Après y avoir goûté, quoi qu'il en soit, il sera difficile de s'en défaire !

L' « Ocarina of Time killer » ?

L'Ocarina of Time killer ?

Au côté visuel s'ajoute l'ambiance sonore. Fidèle à lui même, et c'est sans doute mieux ainsi, Link est un héros muet et aucune voix ne se fait entendre, hormis quelques onomatopées ici et là. Les musiques en elles-mêmes, bien qu'au format MIDI, sont de qualité, mêlant tradition et renouveau, avec de subtiles reprises des plus beaux morceaux de la saga et de superbes compositions inédites, telles que les thèmes de la Plaine d'Hyrule et de Midona. Une belle réussite.

Au final, la longue et pénible attente en valait-elle la peine ? A cette question, on peut raisonnablement répondre par l'affirmative. Fort de l'héritage légué par ses illustres prédécesseurs, Twilight Princess apporte néanmoins quelques regrets. Les PNJ sont ainsi bien moins attachants que dans Majora's Mask et The Wind Waker, deux opus qui avaient su insuffler la vie au monde alentour avec des habitants que l'on apprenait à connaître et à apprécier, exception faite pour une poignée de villageois de la bourgade natale de notre héros, assez touchants. Les autres citadins sont froids, certains même complètement muets, traversant à toute vitesse la grand place dans une indifférence décevante.

Néanmoins, TP sait trouver sa richesse exceptionnelle ailleurs, nous l'avons vu plus haut, et l'on peut ajouter à la liste des facteurs l'habituelle pléthore de mini-jeux, allant de la pêche au vol plané à l'aide de cocottes, et de quêtes annexes, conduisant le plus souvent à la récupération d'un cinquième - vous lisez bien - de coeur. Une innovation qui en accompagne d'autres, notamment au niveau de l'inventaire : un renouveau bienvenu.

Une créature de l'ombre dans la lumière

En conclusion...

Exelo

L'avis de BakuraL'avis de BakuraL'avis de BakuraL'avis de BakuraL'avis de Bakura  Twilight Princess ne représente sans doute pas un aussi grand choc qu'Ocarina of Time en son temps, mais il est la meilleure exploitation des mécaniques de jeu introduites par son modèle que l'on a pu voir jusqu'à présent, non sans apporter en plus sa propre touche de génie à l'ensemble. Bien qu'il ait ses lacunes, cette alchimie quasi-parfaite en fait donc un grand, très grand Zelda, et si ce n'est le meilleur, le plus épique.

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