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Le jeu phare des Zelda ne l’est pas sans raison : il a su crystalliser toutes les qualités des jeux précédents pour en faire une aventure inoubliable. Si vous le l'avez toujours pas essayé, n’hésitez pas : vous tomberez sous son charme. (par Janus)
En 1995, la série Zelda s'apprête à amorcer le plus grand tournant de son histoire. La Nintendo 64 fait partout parler d'elle et fin novembre de cette année, elle est pour la première fois montrée au public en version jouable. Mais même avec un bond technologique aussi important que le passage à la 3D comme argument, ce sont avant tout les jeux qui décident du destin d'une machine. Deux gros projets sont alors développés en parallèle par Nintendo EAD, chacun chargé de réinventer une série populaire de la société pour la 3D : Super Mario 64 et Zelda 64, bientôt connu sous le nom d'Ocarina of Time.
Chacun des deux jeux est révélé au Nintendo Space World de décembre 1995 au travers d'une première démo technique : c'est l'occasion de voir un Link encore peu détaillé et proche des anciens épisodes en combat contre un chevalier métallique.
À l'origine, Mario 64 devait servir de jeu de lancement pour la console, tandis qu'OOT sortirait plus tard sur le Nintendo 64DD, un périphérique quasi mort-né qui connaîtrait un échec commercial retentissant à sa sortie japonaise en 1999. Nintendo décidera par la suite de sortir Ocarina of Time sur cartouche (on parle à l'époque de la plus grosse jamais conçue, avec 256 mégabits de données !). Le jeu final conserve la possibilité d'une mise à jour via le 64DD : c'est le fameux Ura Zelda, finalement annulé vu l'insuccès du périphérique et qui referait surface sous une forme assez étrangère au projet de base avec Master Quest sur GameCube.
Au début de son développement, Ocarina of Time est pensé par Miyamoto comme un jeu à la première personne : il croyait que cela permettrait mieux au joueur d'appréhender les vastes décors du jeu, et aux développeurs de se focaliser sur la création des ennemis et environnements. Cette vision est balayée quand le ressort principal du jeu est introduit, à savoir la présence d'un Link enfant ET d'un Link adulte séparés par 7 ans mais liés par l'Ocarina du Temps. Miyamoto se dit en effet qu'il sera alors nécessaire que Link apparaisse bel et bien à l'écran.
Le développement du jeu est tumultueux et marqué par une série de retards : Miyamoto chapeaute à la base une série de directeurs, mais est obligé de se replonger plus directement dans la création du titre, voyant que les choses ne vont pas aussi vite que prévu. Le fait que Mario 64 soit créé en parallèle joue aussi en la défaveur d'OOT : vu que le plombier est prioritaire sur le calendrier, certaines idées que Miyamoto avait eues pour Zelda sont plutôt intégrées à Mario 64. Les deux jeux tournent avec le même moteur, mais il est largement modifié pour Ocarina of Time, laissant davantage le contrôle de la caméra à l'IA qu'au joueur pour mieux se focaliser sur les environnements du jeu.
Ce n'est que fin 1998 qu'Ocarina of Time est lancé partout dans le monde, après une attente quasi insoutenable de 3 ans qui aura notamment nécessité la mise en place d'une opération spéciale permettant d'obtenir une cartouche dorée par pré-commande. La demande est si importante que les enseignes doivent commencer à refuser les réservations alors que plusieurs semaines les séparent encore de la sortie du jeu.
Ocarina of Time est l'un des jeux vidéo les plus acclamés par la presse de tous les temps ; certains le considèrent comme le meilleur jeu jamais créé. Une étiquette sans doute un peu cliché et amplifiée par le mythe créé autour du jeu, mais impossible de ne pas en voir les raisons : Ocarina a su faire passer la formule Zelda dans l'ère de la 3D sans en ruiner le gameplay - et c'est une transition très délicate -, à l'image de Super Mario 64 ou Metroid Prime pour leurs séries respectives.
Le fait qu'il raconte l'origine du Royaume d'Hyrule et se passe chronologiquement avant tous les autres Zelda sortis précédemment contribue à lui donner ce côté de mythe fondateur de la série, plus encore que The Legend of Zelda et A Link to the Past. Un nombre incalculable d'éléments de l'univers du jeu sont repris dans les Zelda ultérieurs et son système de combat est toujours d'application huit ans plus tard, certes dans une version plus ou moins améliorée, dans Twilight Princess. Qu'on le préfère aux autres Zelda 3D ou non, la série est ce qu'elle est aujourd'hui grâce à Ocarina of Time... Impossible de le nier !
Tingle! Tingle! Kooloolin... Pah!
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